Libre Édito

Par Fanel Delva

Le petit David semble perdre sa fronde, s’il en avait une, face au géant Goliath de la réalité Haïtienne. Entre promesses irréalisables de campagne, et des promesses à l’emporte pièce, étant président de la République, le chef de l’Etat se perd, et cherchait vainement à rassurer la population. Et le rapport de la cour des comptes vient tout juste de lui clouer le bec.

Rien de sérieux ne passe au sein de la nouvelle administration. Aidé par des journalistes et médias sans éthique, celui qui s’est fait appeler « Petit David », tuerait le peu d’espoir qui restait, pour voir une Haïti meilleure où l’Etat dessert la Nation.

Nous vivons dans un Pays vendu, pillé par les bandits légaux, où les ministères n’existent que de nom. Ministères et organismes déconcentrés sont livrés aux mains de parlementaires avares. La 50ème Législature, est en partie repaire de bandits, de repris de justice. Des députés et sénateurs nomment et révoquent à volonté, car ils ont eu plein droit après avoir ratifié la déclaration de politique générale du premier Ministre Jacques Guy Lafontant, dont le dossier présentait des anomalies graves. Vote en échange de ministères, c’était le deal pour que l’ancien chef de gouvernement ait passé l’étape. Et ils veulent impose Jean Michel Lapin de la même façon. Depuis la ratification de Jack Guy Lafontant dans ces conditions, c’était déjà la mort assurée de l’administration publique, car les parlementaires allaient se servir du budget des ministères pour préparer leur réélection.

La caravane du changement, un leurre

Etant donné que le président n’avait aucune vision, ni politique de gouvernement, il fallait improviser. D’ailleurs, cela est tel que le « petit David » trouvait assez de temps pour assister au curage da la Ravine Bois-de-Chêne. Il s’était mis également à visiter usine après usine. Et le pire, c’est que partout où il était allé, il promettait de faire prioritaires les matières premières utilisées par ces usines !

La caravane, un Show Médiatique qui affaiblit, et même fait disparaitre l’administration publique. Pour relancer l’agriculture, le président n’avait nullement besoin de se déplacer, encore moins mobiliser tous ces officiels, mangeur de Per Diem et d’autres frais, tandis qu’il prêchait l’austérité au sein de l’Etat. Il fallait louer les services les plus coûteux dans la région de l’Artibonite. Ces fonds, n’auraient-ils pas pu servir à élargir l’enveloppe allouée au Ministère de l’Agriculture, dans le budget National ? Et jusqu’à présent, on attend encore les retombées de cette caravane. C’était la présidence, et non le Ministère de l’Agriculture qui agissait. Pourtant, le Ministère de l’Agriculture a la charge de gérer tout ce qui est production locale, en matière de nourriture, d’élevage, de la pêche etc. En tout cas, ces 197 millions de gourdes auraient pu servir à des réalisations durables. Mais, le président esclave devait faire profiter les vendeurs de voiture de la manne étatique, en compensation aux investissements dans sa campagne électorale.

Le mensonge tue l’espoir du changement

Comment mentir à toute une population, sans la moindre gêne ? Les exemples sont bien vivants. Le chef l’Etat a garanti l’obtention d’un passeport en cinq jours, à partir de la date de la demande. Pourtant, même en dix jours, il est impossible d’obtenir ce document de voyage. Autre fait. Pendant son passage aux Etats-Unis, précisément à « Little Haïti », il y a exactement 24 mois, il avait promis de l’électricité en Haïti 24 heures par jour dans 18 à 24 mois. De retour de voyage, moins de 48 heures plus tard, il avait démenti avoir fait cette promesse, en tentant de préciser qu’il s’agissait d’une région dans le département de la Grand’Anse. Heureusement, il y avait les bandes sonores pour rafraichir la mémoire d’un menteur né.

Quand un chef d’état ment, il est impossible d’inspirer confiance et d’aider ses concitoyens à espérer que les choses vont vraiment s’améliorer. D’où cette logique « sauve qui peut ». D’ailleurs, des jeunes, quoique compétents, peinent à intégrer l’administration publique. Voilà ce qui justifie cette tendance à se tourner vers l’étranger. Et certains jeunes qui partent pour le Chili n’ont jusqu’à présent rien à regretter.

Dans un article du quotidien « Le Nouvelliste », la diaspora haïtienne vivant au Chili est la deuxième, après celle des Etats-Unis, à effectuer le plus grand nombre de transferts d’argent dans le Pays. Rien que pour le mois de Mai 2017, nos compatriotes avaient déjà envoyé 7,2 millions de dollars. Leur choix n’est-il pas payant ? Pouvaient-ils tendre la main à leurs proches, quand ils étaient en Haïti, ce pays que Jovenel Moïse avait promis de changer ? Le changement, c’est une construction. Mais, il n’y a aucun signe qui démontre qu’on est sur la voie du changement pour le meilleur. Et aujourd’hui encore plus, avec ce deuxième rapport de la cour des comptes, indexant Jovenel Moïse comme un « Dwèt long siperyè ».

Le président critiquait l’instrumentalisation de la justice, mais l’anéantit aujourd’hui. Il transforme les Ministères vache à lait au profit de certains parlementaires. En agissant ainsi, Jovenel Moïse tue l’espoir des milliers de jeunes, de pères et mères de famille qui espéraient, sans même rien voir au bout du tunnel. Et aujourd’hui, ils sont ceux-là qui exigent le départ et l’arrestation de l’équipe en place, à cause de la dilapidation de plus de quatre (4) milliards de dollars des fonds Petrocaribe.

Fanel Delva

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