Libre Édito

Par Fanel Delva

Haïti n’est pas une église. Et le peuple haïtien n’est pas Dieu. À entendre Jovenel Moïse, lors du 24ème anniversaire de création de la PNH, on aurait dit qu’il adressait une prière de supplication. Pire encore, le discours n’était pas cadré avec l’événement. Le président de la république avait l’air d’un homme désespéré, les pieds et mains étant liés, qui cherche d’être blanchi, rien qu’avec la parole. Dommage : seul Dieu possède ce pouvoir.

Dans ce discours, Jovenel Moïse veut montrer à tous que le Président, investi dans ses fonctions, n’est pas corrompu. « […] Je vous le dis, votre président n’est pas impliqué dans la corruption. Votre président ne sera jamais impliqué dans la corruption. Il faut que la justice assume ses responsabilités, en enquêtant. Ceux qui ont mal géré ou utilisé les fonds publics, doivent répondre de leurs actes, dans un procès juste, équitable, sans aucune persécution », justifie Jovenel Moïse. À remarquer que l’accent n’était jamais mis sur l’ancien président d’AGRITANS, dont il jouait le rôle. Il n’a donc jamais nié avoir été impliqué dans des cas de corruption, quand il était à la tête de cette entreprise touche à tout. Cette démarcation est comme pour dire que le président de la république et l’ancien président d’AGRITANS étaient deux personnes différentes. Donc, il ne peut être poursuivi pour les actes commis avant d’être président de la république. Au contraire, c’est du pareil au même. C’est le même schéma tracé avec BETEXE : même personnel, même numéro de patente, même signature de contrat pour la construction d’une même route.

Aujourd’hui, Jovenel Moïse prend le peuple haïtien, les Petrochallengers, et l’opposition, qui exigent sa démission, pour des idiots. Il oublie qu’avec les nouvelles technologies, presque tout est accessible. La seconde partie du rapport de la cour des comptes confirme les suspicions de corruption, de trafique d’influence D’ailleurs, Jovenel Moïse ne cesse de mentir. Après 24 mois, le Pays est encore dans le noir. La population s’appauvrit, après deux ans au pouvoir, la gourde perd sa valeur de plus en plus avec 95 gourdes pour 1 dollar. De plus, les eaux, le soleil et les terres ne sont toujours pas utilisés pour nourrir la population… rien qu’avec ces mensonges, la population comprend tout. Elle exige que Jovenel Moïse parte.

Pourquoi aujourd’hui cette réticence ? Contrairement à ce que le chef de l’État veut faire croire, il n’a pas peur de remettre le pouvoir à ses opposants. Non. Il craint plutôt la justice, sachant clairement que le citoyen devenu président avait mal géré les deniers publics, et qu’il sera puni.

Pour ceux qui croient en Dieu, il leur suffit d’une confession sincère, de changer de comportement pour être absouts. Mais, quand on vit dans un Pays, il y a la justice qui tranche en cas d’accusation. Dans le cas de Jovenel Moïse, encore président de la république, Il faut une démission de la fonction occupée. C’est un acte moral qui témoigne du respect pour cette noble institution qu’est la présidence d’un Pays. Ensuite, se mettre disponible pour être entendu par un juge. Et là, Jovenel Moïse pourrait être blanchi, même plus blanc que la neige, et non avec des mots, sans confronter les faits.

Fanel Delva

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