Libre Édito

Par Fanel Delva

La presse haïtienne est rongée par des corrompus. Certains se font passer pour des consultants. D’autres, rançonnent directement des officiels, en tirant à boulet rouge en échange d’argent. Il y en a même qui font acheter certaines informations dont ils disposent. Tout cela avec un seul objectif : Vivre dans le luxe.

Vivre bien est un droit inaliénable. C’est d’ailleurs garanti par la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen. On cherche tous à être dans cette zone de confort. Certaines gens se battent pour y parvenir honnêtement. D’autres, par contre, sont de la catégorie qui croit que « tout chemin mène à Rome ». Ils se foutent royalement des règles d’éthique ou morale. De cette deuxième catégorie sont certains journalistes. Ces confrères utilisent toute sorte de pratiques pour arriver au but.

Il est donc clair qu’ils refusent d’aimer la vie qu’ils ont. Pourvu qu’ils jouissent d’une grande audience, ils pensent à une vie de luxe pour laquelle ils n’ont pas les moyens. Ils n’acceptent pas leur réalité. Sachant qu’ils doivent travailler durement pour changer leur situation socio-économique. Ces journalistes veulent entrer dans la cour des grands. Ils veulent vivre dans les hauteurs de Thomassaint, de Petion-Ville, dans des quartiers « chic » de la capitale Haïtienne. Pourtant, ils ne conditionnent pas cette transition de vie aux dures années de travail, dans le respect de l’éthique de leur profession.

Une presse corrompue et asservie

C’est un secteur malade, bourré de corrompus qui se font passer pour des saints, des donneurs de leçon. Les plus affairistes sont ceux-là qui font le plus de bruit possible. Ces confrères, des prostitués du micro, font fi des principes d’éthique qui régissent la profession. Pour ceux qui ne connaissant pas leur manière d’agir, ils sont des modèles. On les appelle « senior ». On les prenait pour modèle. Mais, aujourd’hui, grâce à certaines revelations, On a pu découvrir le masque derrière lequel ils se sont cachés depuis des années. Et pour moi, ils sont loin des modèles, qu’ils soient patrons de media à Port-au-Prince ou en province, qu’ils soient des commentaires ou analystes politiques. Peu importe le média pour lequel ils travaillent, ils sont tous des corrompus, et sont loin d’être des modèles pour plus d’un.

Être journaliste en Haïti est un sacerdoce. On a la lourde responsabilité de former une population affamée, de l’informer et de la divertir. On est investi également du pouvoir d’orienter l’opinion. Le journaliste est considéré comme le dernier « Rempart » dans une société dite démocratique, quand des organisations de droits humains se sont vendues pour des millions de gourdes. Être journaliste dans ce Pays, c’est aussi accepter un salaire de misère, en dépit du profit réalisé par le média pour le compte duquel on travaille.

Les journalistes corrompus montent certaines fois des firmes de communication. Elles leur servent de couverture pour justifier les chèques zombie encaissés, sous la base qu’ils sont des consultants. À ce moment, ces confrères ont la tache de nettoyer les saletés des pouvoirs, de « Kase fèy Kouvri Sa ». L’on se souvient sous René Préval, ils étaient nombreux à se sentir embarrassés parce qu’ils étaient démasqués. Ils avaient leur chèque au Palais National, sans qu’ils aient à fournir service en contrepartie. Ils étaient payés pour fermer les yeux sur certains dossiers.

Et la démocratie dans tout ça ?

Dans un pareil contexte, l’orientation va dans une seule direction. Peu importe les circonstances, la population aura toujours droit à des analyses intéressées. Donc, il sera difficile de faire de bons choix, lors des élections, en fonction d’une vision clairement définie et réalisable. Il n’y aura aucune alternance politique, à cause d’un groupe de journalistes qui aident à maintenir le système pourri. Et pourquoi ? parce qu’ils ont leurs propres intérêts à défendre. Ce refus de vivre avec le maigre salaire détruit le Pays. Voilà qui explique la logique que certains sont utilisés pour déstabiliser le mouvement contre le départ de Jovenel Moïse. D’ailleurs, de sources fiables, des plateformes sociales et médias ont été approchés par le pouvoir en place, et l’opposition dite démocratique.

Dans un contexte fragile où l’information est manipulée, alors que la population a droit à la vérité, il paraît impossible de parler de Pays. Mais, et si certains journalistes acceptaient d’être honnêtes, et de vivre selon leur moyen ?

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