Libre Édito

La situation actuelle est inquiétante. Rien ne fonctionne dans le Pays. Tout le monde est sur le qui-vive. La misère étend ses ailes sur le territoire national. Et déjà l’inflation atteint les 19%. Le commerce informel, l’un des moteurs de l’économie nationale, fonctionne au ralenti. En clair, Le Pays cesse de fonctionner. On a tendance à oublier s’il y a encore un président, un parlement digne de sa fonction. C’est la désolation totale.

La mort nous guette à chaque coin de rue. On est tous des cibles : mulâtre, parlementaire, riche, pauvre, résident du quartier, passant et agent de maintien d’ordre. Presque tous les quartiers sont transformés en couloir de la mort, en abattoir. Les bandits détrônent la Police Nationale d’Haïti, car leurs plus grands chefs sont des officiels, des gens fortunés. Et l’ancien directeur général de la PNH, Michel-Ange Gédéon, le justifie bien, dans son discours d’adieu : « […] Sachez que les vrais bandits à craindre ne sont pas ceux connus de tous, mais ceux qui circulent en costume et chemise blanche, roulant de grosses cylindrées ». Les bandits des rues détournent des camions de marchandises quand ils veulent. Qui plus est, ils sont présents même au sein de la PNH. Il est difficile de différencier un bandit policier, et un policier motivé par la devise de l’institution : Protéger et servir. Qui veille sur la population ?

Sur le plan sanitaire, c’est presque la mort assurée, si on tombe malade. Les hôpitaux publics sont toujours dans le même état d’urgence. Pourtant, des millions sont détournés, gaspillés pour tenter de maintenir le pouvoir. On est menacé par une épidémie de la fièvre dengue, qui frappe déjà nos voisins dominicains. Que font concrètement les autorités ? Pas grand-chose. Le peule est donc livré à lui-même, attendant impuissamment son malheur.

L’alerte sur l’insécurité alimentaire est lancée. Plus de deux (2) millions d’haïtiens, en milieu rural notamment, vivent dans l’insécurité alimentaire. La production nationale n’est pas suffisante pour nourrir la population. Des gens sont tenaillés par la faim, sous le regard passif et méchant du président Jovenel Moïse, indexé dans la dilapidation des quatre (4) milliards de dollars des fonds Petrocaribe.

Il y a également cette fameuse rentrée des classes sur fond de crise économique et de rareté de carburant. Parents, détaillants et simple citoyen se plaignent de la dure réalité quotidienne. Des professeurs exigent encore des arriérés de salaire. Des écoles qui augmentent les frais scolaires aggravent la situation des parents déjà appauvris. Tout change si vite dans ce Pays.

Toutes les conditions sont réunies pour une explosion sociale sans précédent. Il faut désamorcer la bombe. Sinon, ce sera le chaos. Et déjà Haïti semble redevenir la colonie de Saint Domingue à la veille de 1789. Il ne manque qu’une petite étincelle pour que cette explosion ait lieu.

Fanel Delva

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