Libre Édito

Le défi lancé par le redoutable chef de gang de Village de Dieu à la Police nationale d’Haïti est une preuve que la PNH malgré ses efforts pour garantir la sécurité des vies et biens de la population, n’a réellement pas le contrôle du phénomène du grand banditisme en Haïti.

…N’allez pas croire que capturer Arnel serait la solution définitive aux problèmes d’insécurité qui théorisent les citoyens des quartiers réputés de non-droits de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince ! Le “Phénomène Arnel” dans les ghettos, c’est d’abord et avant tout une “Stratification sociale” (…)

Qui est-ce qui valide l’existence des gangs armés dans les zones rouges de la capitale ?

La réponse à cette question pourrait être automatique, puisque l’opinion publique n’arrête pas d’acculer certains officiels des trois pouvoirs de l’Etat et des acteurs de l’opposition politique qui seraient de connivence avec des bandits de grands chemins. Cependant, on a souvent tendance à ignorer la tolérance, voir même la complicité des structures organisées au sein même de ces communautés.

Depuis un certain temps, les chefs de gang tels ” Bougoy et Arnel” ne cessent de revendiquer le titre d’agent communautaire. Effectivement, à constater leurs réalisations, il n’y a pas moyens de passer par Quatre Chemins pour prouver le contraire. Ils sont parties prenantes de tous programmes humanitaires et d’assainissement dans leurs quartiers respectifs. Des projets pour la plupart financés par des organisations non gouvernementales ou par l’Etat haïtien.

La population est elle théorisée par la présence des gangs armés ou par l’affrontement des gangs rivaux ?

Il y a environ un mois depuis que circule sur la toile une vidéo de distribution de sacs de riz à Grand Ravine, où le dénommé Bougoy exécute une liste bien élaborée, et paisiblement des femmes à la file indienne attendent que leurs noms soient cités.

Intervenant sur une station de radio de la capitale, le chef de gang de Grand Ravine confirme que cette bonne aubaine distribuée aux habitants de son quartier, est le résultant d’un camion de provisions détourné.

Où sont les leaders communautaires des grands bidonville de Port-au-Prince ?

Hormis ” les anges de l’invisible” qui veillent à la sécurité des communautés religieuses des quartiers défavorisés, certains prêtres et pasteurs se confient aux groupes armés pour garantir la sécurité des fidèles. D’ailleurs on ne peut se permettre d’élaborer le budget de l’église sans penser à une enveloppe dédiée à la bande qui régulièrement collecte les fonds dédiés à leur fonctionnement.

Entrepreneurs comme directeurs d’écoles tous sont soumis à la même réglementation: fonctionnez paisiblement moyennement une contribution pour alimenter la “Base”.

Quel adolescent de 15 ans vivant à Cité Soleil, Grand Ravine entre autres n’aurait pas aimé être à la place de Arnel ou Bougoy ? Quelle jeune fille de 20 ans n’aurait pas aimé que son petit copain soit la personne qui contrôle le ghetto ?

Chers dirigeants,

Capturez Arnel aujourd’hui, mais sachez que vous allez devoir répéter l’exercice à chaque fois si vous n’arrêtez pas l’hémorragie…!

Lionel Louidor

louidorlionel@yahoo.fr

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