JournalisteLibre/Chronique

Comme tout jeune homme frisant les vingtaines, le désir de vivre mes passions dans un quotidien où les besoins dépassent énormément les ressources, je caressais depuis des lustres le rêve de me voir derrière le volant d’une belle voiture. En effet en 2010, le “karma” m’a favorisé l’accès à un ” à pye pi mal” de couleur rouge(…)

.-Mes échanges avec le vendeur

Il faisait un soleil d’enfer ; cependant Ricot, un ancien collègue qui devait m’accompagner pour s’assurer que je ne fasses pas une nouvelle bêtise en jetant par la fenêtre vingt cinq mille gourdes (25.000), l’équivalent de 2 mois de travail à cette époque, mon meilleur ami et confident paressait beaucoup plus motivé que moi.

Nous sommes en fin arrivé à l’Avenue Christophe Channel à Carrefour.

Ce n’est pas comme si l’on jonchait les rues de Manhattan ! La passage à pied est difficile d’accès. Les ordures jetées au passage de l’eau des pluies diluviennes qui se sont abattues sur la Capitale dans la veille, présentaient une caricature dépressive.

…De loin on pouvait voir un ancien véhicule, soutenu par des morceaux de briques, garé sur le trottoir et que conséquemment sa seule utilité était de cacher les détritus aussi c’était l’espace idéal pour les chiens cherchant un endroit paisible pour dormir durant la journée.

Et oui, ce dépotoir allait en effet devenir ma première voiture ! Et la semaine suivante, j’étais dans l’impérieuse obligation d’acheter des pièces de rechange pour faire réparer mon “salopri”

.- Je me suis rendu “Anba lavil”

…A voir seulement, le visage de ces jeunes garçons à apparence douteuse dans différents coins de la rue magasins de l’Etat, je commençais par me questionner sur le choix de me rendre au centre ville pour faire réparer mon véhicule(…)

Soudain un “Rasta Faya ” m’approche, et m’adresse sur ce ton effrayant: Ey ti jeune, mgen pyes ou bezwen an oui…

À moi de répondre : Mbezwen yon carburateur pou yon toyota 95 !

Il me conduisit alors dans un lieu secret où l’on devait traverser plusieurs immeubles avant d’arriver à destination.

Enfin on est arrivé dans une grande salle, un peu comme un auditorium. Des milliers pièces de rechanges incluant portes, pare-brise sont étalées à même le sol.

Mon guide m’invite alors à identifier ma commande et d’un ton ferme il m’a craché cette dernière phrase : Grand parent ou pa bezwen peur non, depiw avem la anyen paka rivew !

J’ai pris mon carburateur, payé mon Rasta faya et sans même tenir tête au prix exigé pour ma commande, je reprends la direction de la maison.

Ce fut l’une de mes effrayantes expériences “Anba lavil”

Lionel Louidor

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