Journalistelibre/Chronique

[…] Le tragique événement dans le taxi où j’ai failli perdre mon portable au Portail-Leogane m’intriguait tellement, au point où j’allais laisser mon sac-à-dos, n’était ce la gentillesse de la passagère à ma droite qui m’a rappelé à le récupérer avant de prendre congé du taxi…

-A la réception du Centre de formation journalistique.

L’atmosphère au sein du bâtiment logeant l’école de journalisme était totalement différente de la réalité des rues de la capitale(…)

Assise derrière son bureau, dans une grande salle climatisée et bien entretenue, l’élégance de la réceptionniste m’attirait tellement, et je n’arrivais plus à m’en souvenir des phrases de présentation que j’avais mémorisées durant toute la matinée.

J’essaie en vain de m’adresser en créole, et la réceptionniste qui me regarda de travers me file une brochure sans piper mot. J’ai alors compris que le créole haïtien n’était pas bienvenu au sein de l’administration de l’école. Je me suis fait inscrit et à cœur joie, j’ai mis le cap vers ma maison(…)

-Direction Centre-ville (Anba lavil)

Il faisait un soleil d’enfer, malgré cela j’étais dans l’impérieuse obligation de parcourir à pied la ruelle Waag jusqu’à Portail-Leogane, puisque je n’avais pas suffisamment d’argent pour payer un autre taxi.

En franchissant la rue Saint-Honoré, j’ai assisté au pire spectacle de ma vie !

…Un jeune garçon qui venait de braquer des passagers d’un Taptap, poursuivi par des policiers, ce dernier a pris la fuite et glissé au passage son arme à feu sous la table d’une ” Machann fritay” qui n’a pas pris le temps de récupérer le “corps du délit” pour l’enfiler dans son tablier.

Des riverains qui assistaient la scène furent stupéfiés de voir la complicité malsaine dont faisait montre cette jeune marchande qui défend ses “degouden”. Soudain un jeune étudiant de l’autre côté de la rue s’adresse en ces termes à la vilaine marchande de frite:

“ki bagay kokorat ou fe la heinn?”

Et à la Dame de répondre:

“Ou pap konprann non ti chéri, kotew wel la, mfe yo plis konfyans pase lapolis. Paske si se pat yo, vole tap kase koum chak jou la ! ”

[…] Perdu, Affaibli et terrifié sont les seuls verbes qui qualifient mieux mon état après cette scène hollywoodienne…

Je m’empressai alors de regagner ma maison. Je suis terrifié !

A suivre!!!

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