Haïti/Sécurité

L’ancien Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti (PNH), Monsieur Mario ANDRESOL, plaide pour une nouvelle manière d’aborder le problème de l’insécurité dans le pays qui atteint un niveau effrayant durant ces derniers mois avec notamment la montée en puissance de différents gangs dans plusieurs quartiers de la capitale et dans les autres endroits du pays.

Dans une intervention faite par Monsieur Mario ANDRESOL, dans le cadre d’une journée de réflexion scientifique, il a questionné les procédés traditionnels utilisés depuis la création de la PNH pour aborder le problème de l’insécurité en Haïti.

« … Nous avons une insécurité récurrente dans le pays. A chaque fois qu’on prend des mesures on revient à la même situation deux (2) ou trois (3) mois après. Cela est dû aux faiblesses des structures étatiques… »

Et pour mieux adresser cette question l’ancien candidat malheureux des élections présidentielles de 2015 a plaidé pour une approche de la sécurité intégrale. C’est pour lui une autre manière d’aborder la problématique de l’insécurité en Haïti. Comment explique-t-il cette approche ?

« Pour coller les lacunes d’une perception trop « stato-centriste », c’est-à-dire, trop centrée sur l’Etat, de la notion de sécurité, il est apparu nécessaire de procéder à une double transformation des politiques de sécurité… qui puisse intégrer de nouvelles menaces de sécurités telles que des menaces non-militaires …»

Pour corroborer cet aspect, l’Ancien DG de la Police Nationale a suggéré que la sécurité soit définie à l’intérieur de quatre (4) champs. Il s’agit de la sécurité nationale, la sécurité publique, la sécurité humaine et la sécurité sociétale. Se faisant, selon Monsieur Andresol, la politique publique de sécurité du pays va devoir prendre en compte l’ensemble des potentielles menaces internes ou externes, quelles que soient leurs natures, qui peuvent hypothéquer la sécurité de la population et du pays d’une manière générale.

Et par là, Monsieur Mario Andresol recommande la mise en place d’une politique publique de sécurité et de défense du point de vue de l’Etat et du citoyen. C’est-à-dire une stratégie intersectorielle fondée sur des structures étatiques de la sécurité, de la justice et des acteurs impliqués dans la lutte contre la pauvreté… d’où, la mise en place d’une politique de sécurité intégrale.

Précisons que cette intervention a été l’une parmi plusieurs autres dans le cadre de la journée de réflexion organisée par l’Université Quisqueya (UNIQ) sur la « Gouvernance et sécurité », à l’occasion de la célébration du drapeau, dans le but de contribuer à une meilleure compréhension du concept de sécurité en Haïti.

Pierre-Antoine CHERILIN

Communicateur social

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