Libre Édito

Dans ce quartier de la capitale, la vie perd son sens. Les pleurs des habitants de la zone remplacent l’eau potable, qui n’existait jamais. Chaque jour vécu à Martissant est un miracle. La moindre occasion de traverser ce quartier sans être tué, est comme une victoire sur la mort. La vie s’en est allée dans la 3ème circonscription de Port-au-Prince.

Ce n’est pas seulement la maladie et la misère qui tuent. Les armes aussi. Les victimes sont nombreuses. Que l’on soit simple citoyen, policier, notable… les risques sont les mêmes pour tous.  Pas même le dicton « la raison du plus fort est toujours la meilleure » n’est appliqué à Martissant. Les bandits opèrent en toute quiétude. Mais, le contraste c’est qu’eux non plus ne sont à l’abri. Pas même les policiers, non plus. Ils sont d’ailleurs impuissants face à la machine à tuer de ces malfrats. 

À  Martissant, la durée de vie des bêtes semble être plus lonngue que celle humains. Le sang coule à flots. La mort fait pleurer à tour de rôle. Les bandits instaurent la terreur, mais les garanties données par les autorités inquiètent beaucoup plus. Les dirigeants tentent d’étouffer une odeur puante. À quand la fin du règne du banditisme ? Ceux qui sont payés pour protéger la population n’ont pas la réponse. Ils ne l’auront peut-être jamais. C’est donc chacun pour soi.

Aujourd’hui, il est logiquement  impossible de bâtir un agenda. L’improvisation est la règle, car il est plus facile de mourir, que de pouvoir exécuter son agenda. Il est triste de voir une population livrée à sa propre défense, face à des hommes armés par des autorités et des hommes d’affaires. À Martissant, la vie se conjugue désormais au passé pour les habitants.

Fanel Delva

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