Libre Édito

De dérive en dérive, Haïti s’enlise dans la boue du chaos. On dirait une véritable jungle comme avait décrit Thomas Hobbes dans le Léviathan, la situation de l’homme à l’état de nature, où « l’homme deviendrait un loup pour l’homme ». Absence totale de respect pour les normes. Quand ce ne sont pas les élus qui violent la constitution au détriment du peuple, ce sont des diplomates qui imposent leurs lois. La règle devient l’exception, et l’exception la règle. C’est un peu ça la situation sur les 27 750 Km2. On assiste à un échec cuisant de l’Etat dans l’une de ses prérogatives régaliennes qui est d’assurer la sécurité de ses citoyennes et citoyens.

En effet, L’effectif des policiers Haïtiens s’élève à 12.000 pour plus de 10.000 000 d’habitants. Et du coup nos préoccupations nous poussent à nous poser les questions suivantes : si l’inspection générale de la Police Nationale d’Haïti est la section qui s’occupe de la discipline au sein de l’institution, a-t-elle vraiment le contrôle des policiers ? A-t-elle au moins une idée de l’utilisation faite par les agents de l’ordre de leur arme de service ?

Sur les trottoirs ou à une petite fête

Certains policiers ne se sentent « Chef » que lorsqu’ils portent leur arme. Et ça l’est encore plus quand ils l’exhibent au grand jour. A ce moment, ils décident de ce qui est normal ou non. Ces agents de l’ordre abusent de leur pouvoir et passent outre de leur mission de « Protéger et Servir ».

Il arrive parfois que ces policiers trainent sur les trottoirs, où l’on vend de la bière à prix réduit. Entre amis et frères d’arme, ces policiers se laissent aller au gré de l’alcool. Et pour manifester leur colère ou leur joie, ils font parler la poudre. Et cela, à quelque moment que soit du jour ou de la nuit. Cette pratique est très courante dans des quartiers populaires de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti. Ce comportement n’aide pas les citoyens à vivre dans la quiétude d’esprit, quand on n’arrive pas à distinguer les coups de feu des bandits et ceux des agents de la PNH.

A qui rendre compte ?

Parfois on a l’impression qu’il n’existe aucune structure qui soit constituée à cet effet. Une source contactée au niveau de l’Inspection Générale de la Police Nationale d’Haïti, le confirme. Elle dit, toutefois, que les responsables de différent commissariat auraient pu demander des comptes aux policiers sous leur responsabilité. Ce qui, regrette la source, n’est guère une préoccupation.

A l’époque de l’armée d’Haïti, chaque coup de feu était justifié. Les militaires savaient également qu’ils ne pouvaient se permettre d’utiliser leur arme juste par plaisir. Ce désordre qui fait peur, qui doit être corrigé. Et le Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) devrait se pencher sur cette mauvaise pratique qui tend à ternir davantage l’image de l’institution policière. Cependant on doit rester perplexe lorsqu’on sait pertinemment à quel point nos (dirigeants) au plus haut sommet de l’Etat sont en connivence avec des gangs armés qui mettent en péril la vie des paisibles citoyens dans divers endroits à travers le pays.

Fanel Delva

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