Haïti/Politique

Des torchons brûlent au sein du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes à cause d’une mauvaise gestion du parti. Eric Jean Baptiste, selon une source sûre, dirige avec sa fortune, et non selon les principes établis. Il aurait même menacé des membres et des dirigeants du parti qui osent prendre position contre ses agissements et ses velléités de diriger le RDNP comme son entreprise privée. Ce qui provoque des frustrations au sein du parti créé par Leslie François Manigat.

Par Fanel Delva

Avec Eric Jean Baptiste à la tête du Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes depuis le 16 aout 2018, c’est le règne de l’arrogance de l’argent. Il semble avoir bénéfice d’u concours de Mirlande Manigat pour y parvenir. Des membres et anciens membres du parti, dont Léonidas Janin, se plaignent de son comportement. Pour eux, Eric se croit dans son entreprise Père Eternel Loto. « Il fait comme bon lui semble, il ne respecte pas les consignes dans les prises de position », dénoncent certains de ses camarades de lutte, révoltés par ce qu’est devenu le parti. Certains se questionnent sur la raison qui fait que ce soit Eric Jean Baptiste au timon des affaires du RDNP.

C’est aussi une affaire de clan avec Eric Jean Baptiste. Ce dernier choisit avec qui diriger, selon notre source. Il choisit de diriger avec « les plus malléables, les dociles, ceux à qui il peut passer des ordres sans qu’ils ne posent de question, voilà ses alliés », révèle notre source. Tout serait une question d’argent. « Ils achètent aussi ceux qui sont dans le besoin pour payer la scolarité de leurs enfants. Il achète des billets d’avion pour certains, par exemple », poursuit la source. Eric Jean Baptiste tente, autant que possible, de diriger sans ceux et celles qui ne se comportent pas comme ses subalternes au sein du comité dirigeant du parti. « Il les qualifierait même d’opposants à abattre », dénonce notre source.

Les membres du RDNP tant en Haïti qu’à l’étranger émettent des commentaires. Ils échangent entre eux sur la vie au sein de cette structure politique. « Notre parti est en train de filer tout droit vers l’autoritarisme et le despotisme », constate l’un d’eux. Il appelle à un changement réel. « Quelques intellectuels opportunistes du mal au sein du parti ont décidé de soutenir le secrétaire général dans sa politique autoritariste. Nous avons le devoir et le droit de nous défendre », encourage t-il.

Eric Jean Baptiste serait vu comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Il est comme étrange dans sa fonction, car il est borné, selon certains de ses camarades. Par leurs dires, Eric ne vise que la présidence d’Haïti, sans toutefois penser à collaborer avec tout le monde. « Ce désir de devenir Président du Pays à tout prix lui pousse à faire des alliances personnelles, contre natures avec le Président Jovenel Moise. Ce, pour aider ce dernier à garder le pouvoir contre son favoritisme aux prochaines élections présidentielles », dénonce la source. Eric Jean Baptiste tente d’écarter et de menacer tous ceux qui seraient contre ses agissements. Du nombre: Le Secrétaire général adjoint aux branches extérieures, M. Max Hogard, et Mme Natacha Daciné, Secrétaire générale adjointe aux affaires internationales au sein du Parti.

Les membres du parti dénoncent des décisions unilatérales prises par Eric Jean Baptiste, en dehors de la ligne doctrinale du parti. « Il pousse à la démission ceux qui ne lèchent pas ses bottes », poursuit notre source. Les directeurs départementaux qui ne cautionnent pas les dérives du Secrétaire général et de son Secrétaire général adjoint aux affaires internes, Me Jonas Revenge, ont dû rendre leur tablier. C’est le cas de Nivrose Manius des Nippes, et de Ernst Berralus, de la Grand-anse. D’autres démissions en bloc sont à l’étude.

Sur le plan international, Eric Jean-Baptiste serait même parvenu à nommer un non-membre du parti au poste de responsable de la branche de Washington. Pourtant, cette responsabilité revient à Max Hogard, Secrétaire général adjoint aux branches extérieures. Avec la possible complicité de Mme Manigat, qui le supporterait aveuglement, Eric a été, le weekend du 16 au 18 Août 2019, célébrer les 40 ans du parti au Canada. « Il était parti avec son clan », révèle notre source, avant d’ajouter : « Il s’est arrogée le droit d’autoriser de recueillir des fonds au nom du RDNP, sans l’implication du Secrétaire général adjoint aux branches extérieures ». Encore une autre pomme de discorde au sein du parti.

À entendre parler notre source, c’est comme une déception pour des membres du RDNP, qui donnent raison au Dr Ardouin Louis Charles qui annonçait à grands cris, sur les ondes de certains médias, ce crime contre la nation et le parti. « Je dois tout savoir clairement. Celui qui a vendu le parti et le montant de la vente. Sinon, je me battrai toujours, sachant que le RDNP est un parti politique créé depuis 40 ans », lâche un autre membre, fatigué du fonctionnement de cette structure politique.

Un parti de compétence, un parti de pensées, un parti ayant le sens de l’intérêt commun, voilà la ligne de toujours du parti rappelle la source. Aujourd’hui, des membres du RDNP dénoncent qu’Eric Jean Baptiste « Veuille mettre le parti au service de la corruption, du clientélisme, de la racaille ». Le parti semble être au bord de l’explosion.

Fanel Delva

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