Libre Édito

Par Fanel Delva

Crédit photo: Paris Match

Nous sommes tous des cadavres ambulants. Le territoire haïtien serait comparable à une forêt. Et les citoyens, des gibiers. Il n’y a aucune règle, sinon celle de la raison du plus fort. Et les plus forts, ces derniers jours, sont les bandits, des chasseurs d’humains. Ces derniers imposent leurs lois partout. Même les autorités du pays subissent la loi de ces malfrats.

A Port-au-Prince, la peur s’installe. Le sang coulait à flots à l’impasse Eddy, à cause de « Tije », puissant chef de gang de carrefour feuille. On circule dans la capitale sans grand espoir de rentrer chez soi. Seules les secondes vécues comptent. Les bandits opèrent en plein jour. Et certaines fois tout près des postes de Police. D’ailleurs certains policiers sont les cibles mêmes des malfrats.

Personne n’est à l’abri. Pas même ceux qui circulent à bord des véhicules blindés. Rien ne freine les actions des bandits. D’ailleurs certains parlementaires et hommes d’affaires trainent avec eux. Garcia Delva et Réginald Boulos avouent leur accointance avec des bandits armés. Certains citoyens sont obligés de varier leurs habitudes, en termes de prévention. Dans les rues, ils se montrent vigilants. Ils surveillent les motards, car les bandits utilisent des motocyclettes comme moyen de transport rapide et efficace. Ils circulent, ces derniers jour, en véhicules officiels ou de location. Les paisibles citoyens regardent constamment par-dessus leurs épaules. Ils vivent au gré de la chance ou de la Providence.

Pourtant, cette situation semble ne pas préoccuper les autorités haïtiennes et la société civile. Tout le monde se concentre sur les prochaines élections et les postes qui leur seront distribués, avec l’arrivée du prochain gouvernement. Certains secteurs, dont la presse font semblant. Parlementaires et responsables de partis politiques débattent de ce qui est constitutionnel ou pas. Ils discutent du pouvoir, de la gloire. Mais ceux qui, avec leur vote, leur permettent d’y accéder, sont tués, massacrés, vandalisés par des sans foi ni loi, leurs petits protégés. On a l’impression que les jours de ceux qui vivent dans la Capitale Haïtienne et dans l’Artibonite sont comptés : un jour renouvelable, pas plus. Surtout ceux qui reviennent des banques commerciales, ou qui habitent les quartiers occupés par les gangs armés.

Au niveau du haut commandement de la Police Nationale d’Haïti, de vains efforts seraient effectués. Rien n’est encore décidé. À quand la fin des règnes des bandits en Haïti ? Peut-être à la seconde venue du Christ, ou quand la population se décidera enfin de se faire justice, en s’en prenant et aux bandits et à ceux qui sont appelés dirigeant à tous les niveaux.

Fanel Delva

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