Crédit Photo: HPN

9 Septembre 2019. C’est le premier jour des classes en Haïti. Mais, c’est avec la peur au ventre. L’insécurité en est la principale cause. Ici, ce sont les bandits qui font la loi. Ils n’ont ni lieu, ni moment pour prendre le contrôle. Le quartier de Martissant, par exemple, est livré aux mains des hommes armés. Ils sont puissants. Ils défient même les opérations des forces de l’ordre. A toute heure du jour comme de la nuit, ces hommes armés détournent des camions de marchandises à l’entrée Sud de Port-au-Prince.

La Police nationale d’Haïti, comme d’habitude, promet. Elle donne la garantie que « tout sera mis en place sur le plan securitaire pour une bonne année scolaire ». Mais, jusqu’à présent, cette même PNH n’arrive toujours pas à retransformer Martissant en doux pâturage, jadis, des pères et mères de famille de la zone. Comment des enfants de cet endroit, considéré comme étant la vallée de l’ombre de la mort, peuvent-ils avoir la quiétude d’esprit d’aller à l’école ? Imaginons un accalmi. Pour combien de temps ? Rien n’est garanti dans ce quartier. Les enfants doutent encore s’ils peuvent revenir à la maison, après une journée de classe. Car, les seigneurs de guerre sont imprévisibles.

La rentrée des classes c’est aussi pour les familles des quartiers de La Saline et de Grand ravine. Deux autres bidonvilles contrôlés par des bandits lourdement armés. Plus près de nous, ce Dimanche 8 Septembre, ils faisaient parler la poudre à La Saline, non loin de Croix-des-Bossales, le plus centre commercial de la capitale. Ce qui prouve que la population continue de vivre la terreur, après le massacre ayant impliqué l’actuel Directeur Général du Ministère de l’Intérieur, Fednel Monchéry, et le Délégué Départemental de l’Ouest, Joseph Pierre Richard Duplan.

À Poste Pierrot, dans la ville de Dessalines, département de l’Artibonite, les gangs armés étaient à l’œuvre, la veille de la rentrée scolaire. Ils cherchaient à soutirer de l’argent à certains directeurs d’écoles, condition sine qua non pour ouvrir leurs portes. Ces bandits sont allés jusqu’à exiger 30 mille gourdes par établissement scolaire. Où étaient les forces de l’ordre ? Absentes ! Et selon des informations receuillies sur place, la police n’a pas une présence constante à Poste Pierrot. Pourtant, les individus armés prennent d’assaut cette ville, qui compte plus de 160 mille habitants. On rapporte également des affrontements entre les agents de la PNH et les bandits. Au moins un blessé par balles a été recensé au sein de la population.

En tout cas, la Police ne contrôle presque rien. La population ne sait à quel saint se vouer, face à la passivité d’un Président Jovenel Moïse, qui ne dirige absolument rien, non plus. « Qui veut Juin prépare Septembre… », ce dicton serait vide de sens pour les autorités haïtiennes à tous les niveaux. N’empêche que les autorités du Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle, ont lancé officiellement la rentrée scolaire pour l’année académique 2019-2020.

 

 

 

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